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Interview/ le Député de Ouellé-Ananda-Akpassanou : « L’orpaillage clandestin sévit dans la région…»

En marge de la présentation du Préfet du nouveau département de Ouellé, l’Honorable Kra Konan Paul, député de la circonscription électorale de Ouellé-Ananda-Akpassanou, a bien voulu nous instruire sur les acquis et les difficultés de la région.

Vous êtes dans les starting-blocks pour briguer un second mandat. Pourquoi voulez-vous rempiler?

Nous sommes arrivés en 2016 dans des conditions assez correctes et pour le moins normales. Mais, à partir de 2018, les choses ont commencé à se compliquer. Il y a eu le divorce du PDCI-RDA d’avec le RHDP. Les boycotts des députés PDCI n’ont pas facilité les choses. En 2019, la COVID-19 a surgi et continue de faire des dégâts. En 2020, il y a eu la désobéissance civile lancée par l’opposition et l’élection présidentielle mouvementée. Ces situations ne nous ont pas laissé le temps pour nous exprimer correctement. Pour un mandat de quatre ans qui n’a pu être tenu qu’en deux ans, il y a de quoi solliciter un second pour continuer la mission.

Quels sont les points forts et les faiblesses si vous avez à faire le bilan de votre premier mandat?

Comme points forts, nous avons toujours été auprès des parents pour partager leurs peines et joies. Par exemple dans la lutte contre la COVID-19, nous avons offert un lot de gel hydroalcoolique, des cache-nez, du savon, des seaux et autres produits de protection aux populations. Lors de la désobéissance civile consécutive au rejet de l’élection présidentielle par l’opposition, nous avons sensibilisé et encadré plus de 500 jeunes, de sorte qu’on n’a déploré aucune perte en vie humaine, ni aucun blessé, encore moins de destruction de biens matériels. Ces jeunes ont suffisamment été formés et ont compris que la désobéissance civile est un acte démocratique qui n’a rien à avoir avec la violence. Certes, nous avons protesté contre le 3è mandat mais nous n’avons rien contre le Président de la République et nos frères du RHDP. Comme faiblesse de ce bilan, nous regrettons que le temps ne nous ait pas permis de nous exprimer comme il se doit.

Quel est le pacte qui vous lie aux populations de votre circonscription ?

C’est un pacte de confiance. Un pacte, j’allais dire, d’amour de fils à parents. Comme nous le disions tantôt, nous sommes toujours à leurs côtés. Nous sommes régulièrement dans les villages pour toucher du doigt les problèmes que vivent nos parents dans le but de les aider à rechercher des solutions idoines et pérennes. En tant qu’élu du peuple, si vous êtes déconnecté des réalités des populations, nous ne voyons pas comment vous pourriez proposer ou appuyer des projets de loi en faveur de ces populations. En ce qui nous concerne, chaque fois que les populations ont eu besoin de nous, nous allons vers elles.

A vous écouter Honorable, vous donnez  le sentiment de n’avoir pas assez fait pour vos parents et qu’il vous faut un deuxième mandat. Si vous êtes réélu, quels seront les principaux enjeux et défis à relever durant ce nouveau mandat ? Autrement dit, quels sont vos projets en perspective pour vos populations ?

Même si nous faisons 20 ans de mandat, nous ne ferions jamais assez pour nos parents. En un mandat, nous avons fait ce que nous pouvions. C’est une fonction exaltante quand vous la comprenez. Être avec les parents, discuter avec eux sur des sujets poignants, sur leurs problèmes, c’est aussi important que construire.

Vous aurez certainement en face de vous un candidat du parti au pouvoir. Que comptez-vous faire pour creuser l’écart ?

Nous sommes au regret de vous dire que nous les cadres, nous ne sommes pas unis. Les parents eux, ils le sont. L’unité et l’entente des cadres, c’est mon combat quotidien. Nous appelons tout le monde à l’union. Car, là où il y a l’amour, là où il y a l’entente, il y a le succès et le progrès. Sans la cohésion et la paix, on ne peut rien réussir, on ne peut rien, absolument rien, construire.

Ouellé vient d’être érigé en chef-lieu de département et le premier Préfet a été présenté récemment. Vos adversaires politiques du RHDP martèlent qu’il s’agit en l’espèce d’une acte du Président de la République sur laquelle ils comptent visiblement capitaliser pendant la campagne. Quel est votre commentaire ?

Il ne faut rien politiser. Je pense que c’est le Gouvernement qui a joué son rôle et cela est normal. En érigeant Ouellé en département, c’est pour le bonheur de toutes les populations. Nos aînés ont longtemps œuvré dans ce sens. En 2014, à la faveur de la visite d’Etat du Président de la République dans la région, l’érection de Ouellé en préfecture a été bien mentionnée dans le livre blanc rédigé par l’ensemble des cadres. Tout dernièrement encore, lors d’une tournée de Madame le Préfet de région, nous avons relancé ce dossier, avec la contribution des parents, des chefs de villages notamment. C’est donc l’ensemble des populations qui a œuvré pour que Ouellé soit érigé en département. Je m’en vais vous dire qu’après la présentation du nouveau Préfet à la population par Madame le Préfet de région, nous avons, avec l’accord du maire de la commune de Ouellé, convoqué les cadres du nouveau département à Abidjan. Récemment, nous nous sommes rencontrés à l’Hôtel Communal de Cocody pour débattre de plusieurs sujets. Pour l’ouverture d’une préfecture, il faut le logement du Préfet. Il faut un logement pour le Secrétaire général et un autre pour le chef de cabinet. Il faut un bâtiment fonctionnel où le Préfet doit exercer en toute sérénité. Voici un peu nos réelles et vraies préoccupations.

Quels sont les problèmes réels des populations de cette circonscription ?

La région faisait partir de la boucle du cacao. Mais, après la sécheresse de 1983, les vergers cacaoyers ont presque tous disparu. Et les bras valides sont allés en basse côte. Cela a vidé la région et a provoqué une érosion économique. En plus, l’orpaillage clandestin bat son plein dans la région aujourd’hui. A cela, il faut ajouter la paupérisation galopante des populations. Cela se lit sur le visage de nos parents.

Quels sont les partenariats que vous avez tissés ou que vous entendez nouer au cours de ce second mandat si vous êtes réélu ?

Au début de notre mandat, nous avons reçu un ami, un investisseur suisse. Il nous a demandé un espace de près de 2.000 hectares du côté de la région de savane d’Akpassanou. Nous avons pu trouver cet espace. Malheureusement, le projet à réaliser n’a pas encore démarré. En 2018, nous nous sommes rendus au Congo pour rencontrer des investisseurs pour un projet de chaîne hôtelière afin  que nous puissions bien loger nos amis que nous recevons. Nous pensons qu’avec le second mandat, nous pourrions finaliser tout cela.

Nous allons nous quitter, un message à délivrer en direction de vos parents, des femmes, de la jeunesse et des allochtones que vous avez accueillis sur vos terres ?

Je voudrais lancer un message de paix et d’union à l’endroit des populations. Ne nous trompons pas de combat. Ne nous trompons pas d’adversaire. Notre adversaire aujourd’hui, c’est la pauvreté, c’est le nouvel ordre mondial qui nous ruine. Nos pays ne sont plus gouvernés par nos dirigeants mais par un système mondial. Il faut avoir le courage de le dire, nous sommes gouvernés par des puissances économiques qui pillent nos richesses et nous mettent en conflit inutile avec nos frères qui sont venus d’ailleurs. Sinon, il n’y a jamais eu de problèmes entre Africains venus d’autres horizons et Ivoiriens. C’est le système mondial qui tue nos Etats. Il ne faudrait pas que nos parents se découragent.

Réalisée par le Sercom KKP

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Auteur depuis: Feb 06, 2019

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