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Côte d’Ivoire : Le Conseil Constitutionnel, arme de vengeance !

Déclaré définitivement vainqueur de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 le 9 novembre par le Conseil Constitutionnel, Alassane Ouattara a prêté serment ce lundi 14 décembre 2020, pour un 3ème mandat, en présence de plusieurs chefs d’Etat africain et de Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des français de l’Etrangers.

«C’est avec beaucoup d’honneur et de responsabilité que j’ai prêté serment en tant que Président de la République de Côte d’Ivoire. Je mesure l’ampleur de cette charge. Je prends, à nouveau, l’engagement de l’assumer pleinement, au service de mes Compatriotes, de tous mes Compatriotes, sans distinction », a déclaré Alassane Ouattara, juste après avoir juré : ‘‘que le peuple me retire sa confiance si je trahis et que je subisse la rigueur de la loi ».

Cette tribune a surtout servi de cadre au président du Conseil Constitutionnel pour répondre à l’opposition et à certains spécialistes du droit constitutionnel qui l’ont accusé d’avoir violé la Constitution qui limite le nombre de mandat à deux, juste pour venger un bienfaiteur.

« …un débat fondamentalement juridique et d’une technicité suffisamment pointue pour diviser, même les spécialistes de cette matière, a quitté son domaine naturel, le droit, notamment le droit constitutionnel, pour investir un autre champ et devenir, de ce fait, un débat politique », a dénoncé Koné Mamadou.

Mais là où le bât blesse, c’est que le président du Conseil Constitutionnel qui veut une institution non politisée, est trahi par la révélation qu’il a voulu faire sur des décisions antérieures du Conseil Constitutionnel.

« L’on se souvient que, dans cette même Côte d’Ivoire, en octobre 2000, et à l’occasion d’une élection présidentielle comme celle qui vient de se tenir, la juridiction constitutionnelle avait déclaré un candidat inéligible en invoquant à sa charge la mauvaise moralité, tout simplement parce que, suite à un prêt bancaire contracté par lui, il restait encore devoir à sa banque, au moment du scrutin. Point n’est besoin d’être grand Clerc pour imaginer tout le mal que le concerné a pu penser, ou pense même encore, de cette décision qui faisait du crédit bancaire, cet indispensable instrument de la vie moderne, une preuve de mauvaise moralité … Pour autant, il n’a pas levé une armée pour aller à l’abordage de la République. Il n’a pas, non plus cherché à imposer sa candidature par tous les moyens, ni voué aux gémonies les auteurs de cette décision. Contre mauvaise fortune, il a fait bon cœur ! », commente le président du Conseil Constitutionnel, révélant ainsi un militantisme absolu qu’il tente de dissimiler.
Bien plus, conscient du pouvoir que lui confère la Constitution, Koné Mamadou s’en sert comme une arme de vengeance au service de son bienfaiteur. « … les spécialistes peuvent, à l’occasion, estimer telle ou telle décision contestable, voire infondée telle ou telle argumentation, mais cela est inopérant dans le droit réel sur lequel le Conseil constitutionnel a un monopole absolu », a-t-il martelé pour rappeler le pouvoir suprême dont il est oint et qu’il peut en user de son gré.

JEN

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Auteur depuis: Feb 06, 2019

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