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Covid-19 : La pandémie réorganise l’économie et les activités

Depuis l’avènement de la Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a édicté des mesures barrières visant à freiner la propagation du virus. Parmi celles-ci, le port du masque ou cache-nez. En Côte d’Ivoire, depuis que le fléau a fait son apparition, les couturiers, modélistes et commerçants se frottent les mains, tant leurs affaires prospèrent


Il y en a de tous les modèles, de toutes les couleurs et pour toutes les bourses.   Depuis le 11 mars 2020, date officielle de l’apparition du premier cas de la Covid-19 en Côte d’Ivoire, s’il y a un objet au centre de la lutte contre cette pandémie, c’est bien le cache-nez, recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé comme moyen de protection contre cette maladie. Désormais, il est ancré dans les bonnes ‘’mœurs’’ des ivoiriens.

Devenu, un moyen incontournable dans la lutte contre la maladie à coronavirus, il n’y a pas un seul endroit dans le district d’Abidjan où l’on passe sans apercevoir ce matériel de protection dont l’usage est obligatoire dans tous les services.

Partout dans la capitale économique ivoirienne ; d’Abobo à Yopougon en passant par Adjamé, et même Cocody, les vendeurs ambulants arborant ces cache-nez aussi appelés ‘’masques’’.

Pour certains commerçants, l’avènement de la covid-19 a facilité une transition dans la proposition d’articles à leurs clients, surtout en ces temps d’incertitude économique où les activités ont pris du plomb dans l’aile. La vente de cache-nez, a aussi généré un nouveau boulot pour certains qui leur permet d’arrondir les fins de mois.

Le covid-19 générateur ‘’de petits métiers’’

Ils sont nombreux, les commerçants que nous avons  interrogés pour qui, l’avènement de la Covid-19 rime avec création d’emplois. C’est le cas de Sidibé Fousseni que nous avons rencontré au ‘’carrefour Angré’’, dans la commune d’Abobo, et de Kouamé Charlène à Adjamé liberté.

« J’ai commencé à vendre les cache-nez vers la fin du mois de mars. C’est ma manière de sensibiliser. Parce que si on vend, c’est qu’on sensibilise aussi la population contre la maladie. Avant de commencer la vente de ces cache-nez, je n’exerçais aucune activité. Parfois, quand ça marche, je peux vendre 15 ou 20 cache-nez par jour. Je les vends à partir de 200 FCFA l’unité. Il y a aussi des modèles qui coûtent 500 FCFA. Mais, ceux qui sont plus sollicités sont ceux de qui coûtent 200 FCFA l’unité. Dans la journée, je peux me retrouver avec 3000 francs ou 4000 FCFA », explique Sidibé Fousseni.

Tout comme notre premier interlocuteur, Kouamé Charlène, à la faveur de la Covid-19 a eu son nouveau job. Celui de la vente de cache-nez. Et depuis lors, elle s’en sort bien et même très bien dira-t-elle.

« Si je dis que ça ne marche pas, c’est que j’ai menti. Depuis que j’ai commencé à vendre, ça va. Les gens achètent. Il y a des passagers par exemple qui oublient leur cache-nez. Donc quand ils veulent emprunter un mini car pour se rendre à Abobo, les apprentis l’exigent. Puisque les policiers sont partout pour le contrôle. Ce qui fait que du coup, ceux qui n’ont pas de cache-nez en achètent. Parfois deux à 500 FCFA ou un de 200 FCFA ou même un de 100 FCFA. Dans la journée, si je n’ai rien vendu, c’est 30 cache-nez », a-t-elle expliqué.

Contrairement à Sidibé Fousseni et Kouamé Charlène, le commerce de cache-nez est pour Kouakou Léandre et Charles A. que nous avons rencontrés respectivement à Yopougon-siporex et à Cocody-Saint Jean, un moyen d’arrondir les fins de mois. En dehors de leurs activités en souffrance du fait de la pandémie à Coronavirus, ils ont jugé utile de s’adonner à ce business.

Un moyen d’arrondir les fins de mois

« Cache-nez. Cache-nez. Y a pour 100 francs, y a pour 200 francs », hèle Kouakou Léandre qui nous confie que le business de cache-nez lui permet d’arrondir ses fins de mois. Il peine visiblement à écouler le stock en sa possession, en dépit de ses efforts. Heureusement, arrive-t-il finalement à convaincre en notre présence deux clients, avec comme argument « vous savez que maintenant pour monter dans les véhicules, il faut le cache-nez oh. Donc, Tu peux acheter pour garder. Quand tu en as assez même, c’est ce qui est bon. Il faut changer de temps en temps. », lance-t-il avec le sourire aux lèvres à la face des clients qui, finalement, se laissent séduire par l’opération de charme du commerçant. Ce qui lui a valu l’achat de quatre cache-nez.

De passage à Cocody, nous sommes attirés par le tablier de Charles A., gérant de cabine. A l’en croire, la vente de cache-nez est une solution à lui toute trouvée pour arrondir ses fins de mois. Surtout que, la gestion de cabine téléphonique ne rapporte pas dit-il. « Je me suis lancé dans la vente de cache-nez juste pour pouvoir arrondir mes fins de mois. Dire que ça marche, ce n’est pas tout à fait juste. Surtout que tout le monde vend maintenant des cache-nez. Mais cela me permet tout de même de faire face à certains besoins. J’ai la chance d’être situé au niveau d’une gare. Le plus souvent, les passagers sont contraints d’acheter les cache-nez pour leur besoin de monnaie », conclu-t-il.

L’apport des stylistes-modélistes

Pour répondre au besoin de la population, ils sont nombreux ces stylistes qui ont décidé de s’adonner à la fabrication de cache-nez. Parmi eux, Irène Médome, présidente de l’association panafricaniste dénommée ‘’Africa heart’’ et également membre du Réseau des femmes artisanes de Côte d’Ivoire. Nous l’avons rencontrée à Treichville. Depuis le déclenchement de la pandémie, elle a dû se lancer dans la confection de cache-nez, à la demande de sa clientèle.

« Moi particulièrement, j’ai été affectée par le Covid-19. Pourquoi je le dis. Je suis styliste-modéliste, accessoiriste. A cause du Covid-19, il n’y avait plus de cérémonie. Et même, si aujourd’hui, les lieux de spectacles sont ouverts, le Covid-19 demeure. En tant que styliste, j’ai voulu apporter ma pierre à la lutte contre cette maladie. C’est pourquoi, j’ai commencé à fabriquer les cache-nez avec des morceaux de pagne. J’ai d’ailleurs été l’une des premières à encourager cela », explique-t-elle. Irène Médome a, à son actif, cinq modèles de cache-nez. Chaque modèle, affirme-t-elle, est adapté au client.

En dehors des cache-nez, elle confectionne les visières avec des morceaux de pagne. Objet qu’elle revendique la paternité et recommande vivement aux femmes. « Je travaillais déjà avec les visières depuis 2018. J’en faisais des lunettes, ornées de pétales. J’avais déjà organisé un défilé là-dessus. Cela a aussi fait l’objet d’un défilé auquel j’ai participé. Même après la maladie, je continuerai d’en produire. D’ailleurs, je la recommande aux femmes, pour éviter par exemple d’être dépourvues de fond de teint », a-t-elle indiqué.

En moyenne, Médome Irène confectionne 40 cache-nez par jour voire plus, en fonction de la demande.

Encadré 1

Que dit Codinorm en matière de fabrication en série et confection artisanale ?

Selon la norme ivoirienne numéro NI 12510 : 2020, la fabrication de masque barrière est soumise à certaines conditions.  En effet, le masque barrière contre la Covid-19 doit être dimensionné de façon à correspondre à la morphologie moyenne de la population visée. Il doit être emballé de manière à la protéger contre tout dommage mécanique et toute contamination avant l’emploi. Les matériaux utilisés doivent pouvoir résister aux manipulations et à l’usure pendant la durée de vie du masque barrière, indiquée par le fabricant.

Conçu pour être réutilisable, les matériaux utilisés pour la fabrication du masque artisanal doivent être orientés aux produits et méthodes de nettoyages spécifiés par le fabricant de la monocouche et du composite multicouche. Il n’est pas recommandé d’utiliser des produits spécifiques autres que la lessive habituelle sans s’être assuré auparavant de leur non toxicité par des résidus inhalés, et que leur utilisation ne dégrade pas les matériaux. Le cycle complet de lavage (mouillage, lavage, rinçage) doit être de 30 minutes avec une température de lavage de 60 °C.

Comment utiliser de façon efficiente le masque

Pour une utilisation efficace, il est recommandé de se laver les mains à l’eau et

au savon ou exercer une friction avec une solution hydroalcoolique avant toute

manipulation du masque. Pour une réutilisation, s’assurer que celui-ci ait bien

été lavé au préalable.  Pour le port du masque, repérer le haut, le tenir de

l’extérieur et passer les élastiques ou les liens en étoffe du jeu de brides derrière

la tête, de part et d’autre des oreilles, sans les croiser. Abaisser le bas du masque

sous le menton, vérifier qu’il couvre bien le menton. Vérifier également qu’il soit

correctement mis. Une fois le masque porté, ne plus le toucher avec les mains. Si

tel est le cas, se laver chaque fois les mains à l’eau au savon. Exercer une

Friction avec une solution hydroalcoolique.

Awa Tee

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Auteur depuis: Feb 06, 2019

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