A la une, Actualité, Politique, ,

Côte d’Ivoire : Le quotidien ‘‘l’Essor Ivoirien’’ qualifié de ‘‘presse de la haine’’

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et la déontologie -OLPED – et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors

Mars 2020

L’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et la déontologie – OLPED – relève, à travers le résultat de son monitoring de la presse des trois premiers mois de l’année 2020, des manquements graves à l’éthique et la déontologie et aux règles professionnelles fondamentales du journalisme.

  1. Du respect de l’éthique et la déontologie
  • Le contenu de la presse

L’Essor ivoirien s’est particulièrement et négativement, fait remarquer, comme souvent, par son titre à la Une du 19 mars 2020 : « Déstabilisation de la Côte d’Ivoire Mabri Toikeusse prépare une insurrection meurtrière, depuis Danané Toutes ses connexions avec le rebelle Prince Johnson du Liberia Le rôle joué par son chef de cabinet. »

Ce titre, qui barre l’entièreté de la Une du 19 mars 2020, illustrée par la photo du ministre Albert Mabri Toikeusse a provoqué l’indignation générale et suscité une condamnation unanime dont l’Observatoire de la Liberté de la Presse, de l’Éthique et la Déontologie (Olped) et le Conseil Exécutif provisoire du Cénacle des Journalistes Séniors se sont autosaisis.

  • Le jugement du tribunal des pairs – OLPED – et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors

Selon la Grille d’écoute et de lecture des médias de l’OLPED, L’Essor Ivoirien, à travers sa vitrine du 19 mars 2020 a commis quatre fautes lourdes :

  1. Déséquilibre de l’information ;
  2. Incitation à la violence ;
  3. Incitation à la révolte ;
  4. Incitation au crime.

Parfaite illustration du militantisme politique drapé dans le manteau du journalisme professionnel, qui jette un lourd discrédit sur l’ensemble de la presse ivoirienne et a fini par faire peser sur celle-ci le qualificatif peu honorable de « presse de la haine », L’Essor ivoirien est coutumier de ce type de vitrines, d’articles, de dérives et dérapages.

Deux exemples, parmi d’autres, des dérives éditoriales de L’Essor ivoirien. Dans les colonnes de son édition n° 64 du 19 mars 2018, il écrit : « Menace contre le président Ouattara Cet homme est maudit… et doit fermer sa sale gueule » Tiken Jah est en pleine descente aux enfers Ce n’est pas en imitant le style Burning Spear, qu’on se croirait grand artiste…, illustré avec la photo de l’artiste Tiken Jah Fakoly.

À la Une de L’Essor Ivoirien de Mai 2019 : « Tournée d’intoxication de Soro dans le Nord ivoirien Vigilance ! Vigilance ! Distributions des armes dans le grand Nord Les grandes oreilles de la République devraient ouvrir les yeux », illustré avec la photo de l’ex- PAN Soro Guillaume Kigbafori.

  • L’appel du tribunal des pairs – l’OLPED – et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors aux journalistes de L’Essor ivoirien

Ces pratiques anti-professionnelles, qui ne respectent ni l’éthique ni la déontologie ni les règles élémentaires du journalisme, rabaissent l’ensemble des membres de la corporation. Ce sont des violations graves du Code d’éthique et de déontologie du journaliste en Côte d’Ivoire en son esprit et sa lettre, en tous ses articles et particulièrement en ses articles 9, 11 et 17. Elles n’honorent pas la corporation et renforcent la mauvaise réputation faite à la presse de Côte d’Ivoire qui ne manque pourtant pas de grands et excellents professionnels.

  1. De la liberté de la presse et de la responsabilité sociale des journalistes
  • Le tribunal des pairs – OLPED – et le Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors condamnent

Le tribunal des pairs – OLPED – et le Conseil Exécutif provisoire du Cénacle des Journalistes Séniors condamnent avec force, et sans réserve, ces fautes professionnelles que commet régulièrement L’Essor ivoirien.

La liberté de la presse est une condition sine qua non de notre plein exercice du journalisme. Mais la liberté de la presse n’a de sens que quand elle prend racine dans la responsabilité.

Fait à Abidjan le 23 mars 2020

Pour l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et la déontologie – OLPED

Le président du Comité de Direction

Zio Moussa

Pour le Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors

Lucien Houédanou

Partager cet article:

789total visits,4visits today

Auteur depuis: Feb 06, 2019

Articles similaires