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Côte d’Ivoire : La construction du 4è pont fait des victimes, plusieurs habitations situées sur l’emprise de l’Etat démolies à Boribana

Le Projet de transport urbain d’Abidjan a fini par passer à l’acte. Il a annoncé la fin de la récréation, du moins la fin de la course, c’est-à-dire, Boribana, du nom du quartier qu’il s’est fait fort d’engager ce samedi 30 novembre 2019 la démolition de certaines habitations situées sur l’emprise du viaduc du pont.

Après plusieurs rounds de négociations avec les occupants de cette emprise du projet, deux KOMAT’SU (engins), sous haute sécurité policière ont entamé, dès 7 heures GMT, la phase de démolition des les bâtiments construits sur la zone du viaduc de l’infrastructure sous le regard impuissant des locataires.

Ce sont au total 402 personnes impactées par le projet à Boribana, dans la commune d’Attécoubé qui ont été déguerpis ce samedi.

«Les populations sont informées depuis l’année dernière », a déclaré Madame Coulibaly Salimata Tchabala, coordonnatrice adjointe du projet de transport urbain d’Abidjan (Ptua). Les négociations sur le projet, explique-t-elle, ont démarré le 27 décembre 2017. Elles se sont poursuivies en 2018 et 2019 avec les propriétaires de bâtis non-résidents, les propriétaires de bâtis résidents, les locataires, les propriétaires d’activités commerciales et les hébergés gratuits. « Tous ceux qui ont accepté de négocié, ont effectivement perçu leur indemnité convenue. Certaines personnes n’ont pas voulu négocier. Elles sont au nombre de 4, un compte séquestre de 22 millions FCFA logé au trésor public les prend en compte », a indiqué la coordonnatrice adjointe précisant que leur dossier se trouve chez l’agent judiciaire du trésor. Pour elle, étant donné qu’une réunion de sensibilisation a eu lieu le 11 novembre 2019 dans les différentes communes pour donner la date buttoir de libération des emprises de l’Etat prévue pour le 25 novembre en plus du communiqué produit par le ministre de l’équipement et de l’entretien routier à cet effet, il n’y a plus de raison que l’opération de ce jour ne puisse pas aller à son termes. « L’échéancier de cette date buttoir, insiste Madame Coulibaly Salimata, a été rappelé le jeudi 28 novembre pour dire que le samedi 30 novembre, l’on procédera au déguerpissement du viaduc du pont ». Car, déplore-t-elle, le projet n’est qu’à 13% de son exécution du fait de cette situation alors que l’Etat a relogé les propriétaires résidents à ses frais jusqu’à la construction de leur nouvelles maisons pour lesquelles cinq terrains d’une superficie de 68 ha ont été trouvé dans les communes d’Anyama et de Songon

« Nous avons été informés certes, cependant nous n’étions pas d’accord sur le montants de l’indemnisation qui nous a été proposé », a indiqué Touré Sékou, président du collectif des dissidents avant de souligner qu’une contre-expertise de l’évaluation des montants qui leur a été proposé a été faite et déposée auprès du Ptua. Et c’est dans l’attente de la suite de cette requête, déplore-t-il, que l’on procède à la démolition de leurs biens.

De son côté, le collectif des impactés du district d’Abidjan salue Ptua pour les avoir associés aux différentes négociations qui ont abouties à l’indemnisation des personnes touchées. « Nous avons été associés à toutes les négociations et je suis surpris d’entendre ce son discordant aujourd’hui que, ce sur quoi, nous sommes convenus et perçu notre indemnisation», a déploré Koné Thias Adama N’Golo, président de ce collectif.

Au total ce sont 13.000 personnes des deux communes de Yopougon et Attécoubé qui sont impactées par le projet qui coûtera plus de 142 Milliards de FCFA à l’Etat de Côte d’Ivoire.

JEN

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Auteur depuis: Feb 06, 2019

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