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Côte d’Ivoire : préoccupés par les violences postélectorales, les USA invitent Ouattara à respecter sa parole de céder le pouvoir à une nouvelle génération

Les Etats-Unis ont exprimé ce lundi 11 février 2019 leur vive préoccupation de la situation de violence en Côte d’Ivoire au terme des élections municipales. « Nous sommes inquiets parce que nous avons constaté des intimidations de votants, des irrégularités, et des cas de violence », a déclaré le Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires de la Maison Blanche, David Hale, lors d’une conférence de presse qu’il a animée à l’Ecole Normale d’Administration (ENA). « Et cela est particulièrement néfaste pour la Côte d’Ivoire qui a connu des violences liées au élections », a-t-il ajouté.

Pour le pays de Donald TRUMP, ‘‘la Côte d’Ivoire’’ doit pouvoir ‘’tire des leçons de cette expérience au moment où elle prépare 2020’’.

Rappelant l’essence de la démocratie, David Hale, invite tous les acteurs politiques ivoirien à ‘‘s’engager à ne pas accepter la violence sous toutes ses formes, travailler à la réconciliation pour surmonter le passé’’.  « Il faut s’assurer que tout citoyen qui en a le droit est inscrit sur la liste électorale et peut voter, car si vous n’êtes pas inscrits, vous ne pouvez voter et votre voix ne peut être entendue. C’est l’essence de la démocratie », a-t-il souligné.

Pour les USA, c’est absolument essentiel de réformer la Commission Electorale Indépendante (CEI) qui mettrait tous d’accord dès le départ des compétitions électorales. « Si la Commission électoral elle-même n’est pas perçu comme juste, en dehors du control de toute faction en course dans les élections, si la commission semble être influencée par le pouvoir, tout le processus manquera de crédibilité », a indiqué M. Hale pour qui ‘‘la Cote d’Ivoire devra s’inspirer de modèle de commission électorale de pays ayant réussi l’organisation des scrutins.

Question du 3eme Mandat

Abordant la question de la possibilité d’un troisième mandat du Président Ouattara, même si les USA estime que la question relève de la décision du peuple, ils pensent tout de même que le chef de l’Etat ivoirien respectera sa parole de céder le pouvoir à une nouvelle génération. « Vous savez que ce n’est pas une décision américaine.  C’est au peuple ivoirien de faire ses choix, mais je dirai quelques mots. Je sais que le président Ouattara a fait une déclaration – je crois en aout – dans laquelle il a appelé à une transition du leadership vers une nouvelle génération, et je pense que c’est une déclaration louable », a relevé David Hale, une invitation à peine voilé faite au président Ouattara de respecter ses propres paroles.

La Corruption

Abordant la question de la corruption dont certains élus font l’objet de poursuite, voire harcèlement, le Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires des USA affirme qu’il ne connait pas de ‘‘pays qui soit immunisé contre la corruption’’. Cependant il estime que la question doit être de savoir quelles sont les mesures pour lutter contre la corruption lorsque celle-ci se produit ? « Est-ce des standards de transparence, des enquêtes agressives ou de juger et punir ceux qui y sont impliqués ? Le public a-t-il une attitude cynique ou est plutôt choqué lorsqu’il entend un cas de corruption ? Ce sont ce genre de question clés. Pensez-vous que vous avez ce genre d’attitude et des institutions qui peuvent les empêcher de se reproduire ? », a voulu savoir David Hale le dispositif mis en place dans la lutte contre la corruption.

Moment choisi pour prévenir les autorités ivoiriennes des décisions que pourrait prendre la Maison Blanche au cas où les cas de corruption seront constatés en Côte d’Ivoire. « Nous avons une loi qui dit que les entreprises américaines ne peuvent pas payer des pots-de-vin à des dirigeants étrangers pour faire des affaires et les entreprises américaines quitteront tout pays ou la corruption est endémique », a prévenu le Sous-Secrétaire d’Etat, affirmant que ‘‘c’est terrible lorsque le peuple n’a plus confiance en son gouvernement’’.

Sur la décision de la CPI à propos de l’ancien Président Gbagbo

Les USA estiment que le jugement a été rendu, c’est bien mais ce qui importe, c’est l’incidence de cette décision sur le processus de réconciliation dont a besoin le pays qu’il convient de retenir.

« Pour la Côte d’Ivoire, vous avez un processus de réconciliation, c’est vrai, et c’est absolument essentiel, c’est ce qui est arrivé. La CPI a rendu son jugement et c’est bien.  Où est-ce que vous voulez aller ?  Comment approfondissez-vous la réconciliation ? Parce que c’est la vraie réponse. Ce n’est pas ce que disent ou ne disent pas les forces extérieures.  Qu’est-ce qui se passe dans ce pays ? Alors, comment pouvez-vous aller au-delà de ce point vers un processus de réconciliation réel et approfondi ? », a conclu David Hale sa conférence.

JEN

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Auteur depuis: Feb 06, 2019

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